La Presse et le PLQ

C’est bien connu, le Parti Libéral du Québec est plus souvent qu’autrement épaulé par le quotidien La Presse pour conquérir l’électorat. À travers l’histoire de la coexistence du journal et du parti, le PLQ fut le parti de choix du quotidien lors d’élections au Québec grâce notamment à l’influence du grand homme d’affaires fédéraliste canadien feu Paul Desmarais. L’ancien propriétaire du journal La Presse a souvent nommé sur le conseil d’administration de Powercorp, une entreprise qu’il possédait, des politiciens canadiens connus, dont Jean Chrétien. Lors d’événements dans sa demeure de Sagard, il était fréquent de voir les têtes dirigeantes du Parti Libéral du Canada tout comme celles du Parti Libéral du Québec, l’exemple le plus récent étant Jean Charest. Il n’y a là absolument rien de nouveau. Les journaux ont souvent une ligne éditorial connue du public, même si celle-ci n’est pas identifiée à un seul parti. Nous pouvons utiliser le journal Le Devoir comme exemple : ayant des tendances souverainistes et de gauches, le quotidien arrive en général à adopter une position critique envers un parti qui se retrouverait dans le tort. Aux États-Unis, le New York Times est souvent considéré comme un journal de centre, voir à la limite de centre gauche. Cependant, quelque chose d’assez particulier caractérise la relation de La Presse et du PLQ. Ayant pris sous son aile bien des politiciens issus du milieu libéral, Paul Desmarais pris possession du quotidien pour lui donner une ligne éditoriale fédérale. Nous avons pu constater à maintes reprises que La Presse appuyait le PLQ dans ses projets de loi, ses décisions économiques ainsi que politiques. Le problème est que lorsqu’un enjeux se crée, ou du moins refait surface, la position de La Presse est déjà connue sans que qui que ce soit au journal ne dise mot. C’est avec des yeux brouillés que les chroniqueurs émettent leurs point de vue alors qu’on ne les juge plus crédibles, faute d’impartialité lors de moments où cette qualité était nécessaire.

Les chroniqueurs les plus connus ont à maintes reprises critiqué des positions aux antipodes avec les leurs, parfois d’une manière cachée pour reconduire les pensées d’un lecteur indécis ou perdu dans un courant social-démocrate dans le droit chemin. Bien entendu, les hommes et femmes qui désirerait s’aventurer dans le quotidien doivent s’attendre à une certaine prise de position, sans quoi il n’aurait pas plus d’un seul journal. Le problème est que le vent souffle bien trop souvent du même côté. Prêts à défendre l’indéfendable, ils s’arment d’arguments parfois douteux pour arriver à leurs fins.

Nous avons pu remarquer, lors des élections municipales, dans un éditorial d’André Pratte, l’appui qu’a manifester La Presse pour celui qui deviendra le futur maire de Montréal, Denis Coderre. Alors que se démarquait Mélanie Joly, jeune, dynamique et ayant les mains propres de toute association avec des gens douteux, Coderre s’entourait de la même équipe que Gérald Tremblay. À noter qu’en plus de Richard Bergeron, qui proposait un programme plus qu’intéressant et une connaissances absolue de la ville et de ses (projets de) lois, Marcel Côté, économiste réputé, désirait prendre les rennes de la ville le temps d’un seul et unique mandat que pour assainir les finances de la métropole québécoise. L’argument de choix lors de l’appui à Coderre fut principalement qu’ayant été député de Bourassa pour le parti libéral du Canada, celui-ci aurait l’influence et la force nécessaire pour argumenter avec Ottawa et ainsi accomplir de grandes choses pour la ville de Montréal. Un autre des critères de maire idéal selon Pratte était de n’avoir aucun lien avec le crime organisé et la corruption. Cependant, l’équipe Coderre était bourrées de «liens». Le fait est qu’après un peu plus de trois mois, Denis Coderre est forcé de laisser tomber la bataille avec le gouvernement fédéral faute d’influence et de force. La première grande déception se passe dans le premier tiers de l’an 1. Coderre n’a évidemment pas les capacités que lui ont attribués le quotidien de Gesca. Cependant, Coderre représentait les libéraux, l’opposition à la charte des valeurs et un virage vers le néo-libéralisme, malgré les discours vides de sens, utilisant des mots à l’allure politique pour bien paraître alors qu’il n’en connait pas nécessairement la définition réelle. Coderre était le candidat le plus connu et fut donc l’élu des Montréalais, qui votèrent sans véritable compréhension de la situation montréalaise où une association est bien plus qu’un simple sophisme.

Le fait est qu’après un peu plus de trois mois, Denis Coderre est forcé de laisser tomber la bataille avec le gouvernement fédéral faute d’influence et de force.

Bref, tout ceci nous mène à une rencontre entre libéraux et André Pratte dans un colloque à la mémoire de Claude Ryan, organisé par le think tank l’Idée Fédérale, fondé par nul autre qu’André Pratte lui-même. Les honorables invités de ce joyeux événement ne fut nul autre que Brian Mulroney, Jean Charest et Philippe Couillard, qui fut tous assis autour de Pratte. Bien évidemment, une telle chose n’a rien d’illégale, n’empêche qu’on se doit, en tant que citoyens d’un régime démocratique, de poser quelques questions. À les voir tous assis autour d’une même table, on peut vraiment se demander jusqu’à quel point André Pratte respecte son devoir de journaliste. Certes, il s’agit ici d’un éditorialiste, reste que le scénario est étrange. À défaut d’être candidat pour le PLQ, André Pratte critique tout de même la CAQ, un parti fédéraliste, alors que celui-ci amène des idées innovatrices et un vent de fraîcheur en matière d’intégrité, même si ses députés cherchent l’attention qui leur manque depuis le début du débat portant sur la charte de la laïcité. Si Pratte est sévère avec la CAQ, il faut dire que sa cible principale est le PQ, l’adversaire de toujours du PLQ, il n’y a là aucune surprise.

De plus, les organisateurs semblent avoir oubliés que Claude Ryan eu a un certain moment, un vrai flash souverainiste, qui pu ressembler à ce que pensais Daniel Johnson à propos de l’avenir du Québec dans le Canada. Le moment indépendantiste de Ryan est très bien détaillé dans le blogue de Jean-François Lisée (http://jflisee.org/le-moment-independantiste-de-claude-ryan/). C’est donc dire que l’Idée Fédérale ne sont peut-être pas les caractères à mettre en gros et gras lors de l’événement. Bref, une certaine incohérence règne au PLQ, possiblement par manque de lucidité politique…

 

Choix de Denis Coderre (André Pratte pour La Presse) : http://www.lapresse.ca/debats/editoriaux/andre-pratte/201310/31/01-4705959-denis-coderre-a-la-mairie.php

Photo «tweeté» par @RichardHognard

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